Cours Peinture Mauricie

Plus belle qu'elle ne se reconnaît

Plus belle qu'elle ne se reconnaît

Plus belle qu'elle ne se reconnaît

André Perreault
Publié le Novembre 9 2009
Publié le Janvier 24 2010
André Perreault

Il y a de ces êtres dont la riche personnalité et le florissant vécu dépassent largement les talents exceptionnels qu?ils possèdent sans se les reconnaître. Leurs qualités foncières sont mises en veilleuse.

Leurs difficultés d?existence, comme la pointe de l?iceberg, ne leur permettent pas d?entrevoir et/ou de mesurer l?ampleur de leur phénoménal potentiel, d?utiliser à bon escient leurs compétences fondamentales. Lorsque ces personnes se découvrent et se réalisent, elles deviennent l?objet de notre admiration et de notre affection. On se plait à les chérir pour ce qu?elles sont et pour ce qu?elles font.

L?interviewée de la semaine, Michelle J. Trépanier, native de Cap-de-la-Madeleine, résidente tortulinoise depuis 2002, qui possède des yeux bleu ciel et la profondeur de l?azur dans le regard, une taille d?adolescente mais surtout une franchise qui épate autant qui émeut, est le parfait exemple de mon préambule. Cette mère de deux enfants, Mélanie la vétérinaire (28 ans) et Marc le biochimiste (26 ans), grand-mère de Sarah (10 ans) et Sydney (1-1/2 ans), a connu la souffrance, a vécu l?insécurité et l?isolement. Loin de se résigner, elle s?est ressourcée et abreuvée à la fontaine de l?action simple, de l?audace mesurée, du défi relevé, de la passion sans retenue mais fidèle à ses principes.

Michelle a beaucoup souffert, elle a beaucoup appris. Elle est une autodidacte du relèvement, voilà sa véritable beauté d?âme, une vie sans maquillage, sans artifice, sans superflu. Avec la sagesse d?une récente quinquagénaire, Michelle m?a fait comprendre que beaucoup de gens et d?événements l?avaient fait souffrir parce qu?elle les avait mal interprétés. Elle s?est crue rejetée, elle s?est repliée sur elle-même. Aujourd?hui, elle explose au grand jour. À cette persévérance qui ne tombe jamais, il y a cette persévérance qui se relève toujours. Michelle, cette femme de caractère, est de cette trempe.

Une nature d'artiste l'habite

Encore enfant et adolescente, Michelle suivra des cours de diction, de chant, de ballet, de piano. À 18 ans, comme un chien brisant sa laisse, elle quittera la niche familiale pour un séjour de trois mois dans les Maritimes, voyageant par auto-stop, s?hébergeant dans des auberges de jeunesse. À 19 ans, sa soif d?apprendre la vie et de découvrir le monde l?amènera à célébrer son anniversaire de naissance au Tibet en Inde.

Elle y séjournera pour une longue escapade de 18 mois. De retour au Québec, elle suivra un cours de deux ans en gérance touristique. Parfaite bilingue à 22 ans, elle s?exilera à Calgary en Alberta pour y travailler en comptabilité, y fonder une famille. Elle y habitera de 1980 à 2002. L?ennui du pays, le besoin de renouer avec ses racines la ramènera à sa terre natale précisément à Lac-à-la-Tortue en septembre 2002.

La femme artiste se dévoile

Comme un thé qu?on laisse infuser, Michelle se métamorphose en transformant petit à petit le chalet qu?elle habite en une confortable et séduisante maison riveraine avec des murs trompes l??il, des fausses pierres, des faux bois, des fresques, des faux finis. Par exemple, une corde de bois peinte cache trois portes sous l?escalier qui mène au sous-sol.

Quelle précision, quelle minutie dans les détails. Michelle J. Trépanier est une exceptionnelle artiste en peinture de fantaisie qui ignore le talent qui l?habite. La décoration intérieure n?a pas de secret pour elle. L?originalité de ses murales, de ses plâtres vénitiens, de ses reproductions d?images sur toiles sont de purs chefs-d'?uvre. Depuis 2006 à ce jour, elle peut créer de 14 à 16 heures quotidiennement, sans fatigue, en oubliant même de se sustenter. La passion de son métier nous transmet ses énergies, son enthousiasme, ses émotions, son sens du perfectionnisme mais surtout dévoile un sens artistique indéniable. Ses ?uvres reflètent sa joie de vivre, la candeur et l?ingéniosité de ses accomplissements en création. Son travail exige une patience de moine qu?elle possède à coup sûr. La seule patience qui lui échappe est celle envers la stupidité humaine. Quelle géniale vocation tardive que celle de cette femme de c?ur au pinceau habile!